Visions française et israélienne en matière d’intelligence artificielle

Quelle est la meilleure stratégie pour soutenir le développement de l’IA ?

 

RESUME DE LA RENCONTRE EN LIGNE
ENTRE CEDRIC VILLANI ET ISAAC BEN-ISRAEL

Le 10 septembre 2020

Le 10 septembre dernier, dans le cadre du cycle de débats consacré à l’intelligence artificielle (IA) et ses enjeux éthiques organisé par l’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël, le Professeur Major général (à la retraite) Isaac Ben-Israel et le Professeur Cédric Villani ont présenté puis débattu des stratégies française et israélienne dédiées à l’IA.

Si la stratégie française, basée sur le rapport « AI for Humanity », a été dévoilée en 2018, la stratégie israélienne n’a quant à elle pas encore été rendue publique. Ce débat a ainsi été l’occasion pour Isaac Ben-Israel d’en dévoiler les contours et objectifs, au premier rang desquels figure la volonté de faire d’Israël l’un des cinq pays leaders mondiaux en intelligence artificielle.

En France comme en Israël, les stratégies reposent sur l’identification de secteurs définis comme prioritaires : la santé, le transport ou encore la défense. Si le quatrième domaine diffère d’un pays à l’autre (l’environnement pour la France, l’agriculture pour Israël), un point commun surprenant a été soulevé lors des échanges : la finance, domaine stratégique et particulièrement concerné par les enjeux de l’intelligence artificielle, n’a été définie comme prioritaire dans aucune des deux stratégies nationales. Cela s’explique surtout par la capacité du secteur financier à se développer seul, avec ses propres moyens, sans avoir besoin d’une quelconque aide gouvernementale.

L’un des enjeux majeurs identifié par Cédric Villani et Ben Israel est celui du partage de l’information. Aussi bien au niveau national qu’international, le partage de données est essentiel au bon développement et au fonctionnement de l’IA. Or cela suppose une confiance entre les différents acteurs et le dépassement d’obstacles plus souvent psychologiques que technologiques.

Les deux stratégies évoquent de façon substantielle les questions d’éthique et de régulation de l’intelligence artificielle. Le développement d’une IA sécurisée est d’ailleurs l’une des priorités d’Israël, comme en témoigne le nom de sa stratégie « national secured artificial intelligence initiative ». Cependant, de vraies divergences apparaissent quant au rôle que devrait jouer l’Etat dans le contrôle des innovations technologiques. La France semble favorable à la création d’un cadre juridique prévoyant des règles applicables dès la conception des algorithmes. Israël semble favoriser une approche plus libre et refuse d’encadrer le développement des technologies, préférant un système de correction des dysfonctionnements a posteriori.

Si ce débat a permis d’identifier de nombreux points communs entre les stratégies françaises et israéliennes, il a également mis en valeur une appréhension différente des enjeux liés à l’éthique. Face à une conception française et européenne qui promeut un environnement numérique responsable, basé sur le concept d’ethics by design, Israël défend un modèle favorisant avant tout l’innovation, basé sur une meilleure éducation des utilisateurs plutôt que sur l’encadrement des machines.

Auteur : Martial Guérin, Institut français d'Israël

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